Étude de cas | Identité & stratégie
Geoptime
L’identité et les interfaces d’une start-up d’optimisation de tournées, construites avant son lancement.
Le point de départ
Un produit qui existait déjà, une marque qui n’existait pas.
Geoptime aide commerciaux, techniciens et livreurs à planifier leurs tournées : une carte, un fichier clients, un algorithme d’itinéraire. L’idée vient d’un projet de BTS qu’un membre du jury avait proposé de racheter. Ses fondateurs en ont fait une entreprise.
Quand on arrive, l’application tourne en MVP. À côté : un nom de domaine, un logo provisoire, des réseaux sociaux vides. Et une question inconfortable : comment installer une marque B2B crédible sur un marché où Google Maps est déjà dans toutes les poches ?
Le problème de Geoptime n’était pas d’exister. C’était d’être reconnaissable.
L’insight
La mer de bleu
Avant de dessiner quoi que ce soit, on a regardé le marché à trois échelles. Les solutions que croisent les PME de la région, les acteurs nationaux comme Antsroute et Mapotempo, puis les références internationales comme OptimoRoute et RoadWarrior. À chaque échelle, le constat était le même, et il était visuel : bleu corporate, bleu tech, bleu confiance. Mis côte à côte, ces logos sont interchangeables.
D’où l’arbitrage qui a tenu tout le projet : sortir du bleu, sans perdre en crédibilité professionnelle. Sur un marché B2B, se démarquer est facile ; se démarquer et rester rassurant l’est beaucoup moins.
L’identité
Un logo qui raconte le trajet, pas seulement l’endroit.
La marque réunit trois éléments : le pin GPS pour la position, la carte pliée pour l’itinéraire, et la lettre G qui se devine dans la forme. Là où Google Maps s’arrête au pin, celui-ci raconte aussi le parcours, soit exactement ce que vend Geoptime.
Une première piste, centrée sur l’écologie, n’a pas convaincu les fondateurs : trop de vert, pas assez de technologie. On l’a ramenée vers l’univers de la géolocalisation. L’idée écologique n’a pas disparu pour autant : elle est passée dans la couleur.
Quatre pistes de couleur ont été présentées aux fondateurs : bleu électrique, violet, orange, vert lime. Ils ont tranché pour le lime, couleur du feu vert, de l’énergie, du temps gagné, et la seule des quatre qui rendait toute confusion impossible avec un concurrent.
Le bleu n’a pas disparu pour autant : il a changé de rôle. De couleur d’identité, il est devenu un fond, un pétrole très sombre, presque noir, sur lequel le lime porte. C’est ce couple qui permet de tenir les deux promesses à la fois : le lime signale, le fond rassure. L’orange ne sert qu’aux accents. La typographie, Geist, apporte le contrepoids : géométrique, très lisible à l’écran, technique sans être froide.
La stratégie
Une marque, puis un plan pour la faire connaître.
Une identité ne suffit pas à une start-up qui n’a encore aucun client. On a donc posé la stratégie de communication et la stratégie marketing du lancement, avec une idée simple : parler à ceux qui perdent du temps sur la route, pas à ceux qui cherchent un logiciel.
La cible, ce sont les PME qui ont des commerciaux, des techniciens ou des livreurs sur le terrain, et qui planifient encore leurs tournées à la main. Le message tient en une promesse, du temps et des kilomètres gagnés, chiffrés. Et chaque support de lancement, du site aux réseaux sociaux, renvoie vers la même preuve : essayer l’algorithme soi-même.
Le produit
Deux objets, un seul langage visuel.
Le site devait convaincre des entreprises avant même la sortie du produit : dire clairement ce que fait l’application, et donner envie de s’inscrire. L’application, elle, s’utilise sur le terrain, souvent d’une main, entre deux rendez-vous, d’où des écrans qui priorisent une action à la fois.
Sur le site, une décision a structuré le reste : ne pas décrire l’algorithme, le faire essayer. Un visiteur entre ses adresses, voit le trajet avant et après, et lit l’économie en kilomètres. La démonstration remplace l’argumentaire.
Ce que j’en retire
L’argument le plus utile du projet n’était pas une intuition, c’était un tableau.
Mettre quinze logos concurrents côte à côte et constater qu’ils sont tous bleus a réglé en une image une question qu’on aurait pu débattre pendant des semaines.
Ce que je referais autrement : présenter les quatre pistes de couleur plus tôt. On a affiné une direction avant de la confronter, alors que la confrontation aurait pu orienter l’affinage.
Projet mené en binôme : j’ai porté le benchmark, le positionnement, la stratégie et les maquettes du site et de l’application ; l’identité visuelle a été construite à deux. Lancement prévu fin 2026 | à ce stade, ce sont des livrables validés par les fondateurs, pas des résultats d’usage.
Récapitulatif
La charte graphique en un coup d’œil
Une charte de trente pages a été remise aux fondateurs : logo, couleurs, typographie, règles d’usage. Voici ce que ça donne une fois posé sur de vrais supports.
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